A quels signes reconnaît-on que l’on est en manque de nicotine ?
Il existe différentes manifestations caractéristiques du syndrome de manque. Elles ne se présentent pas forcément toutes à la fois et sont le plus souvent dissociées dans le temps. Les symptômes de manque le plus souvent cités par les fumeurs sont : des pulsions fortes à fumer, une irritabilité, de la nervosité, de l’agitation, de l’anxiété, des perturbations du sommeil, une humeur dépressive, des troubles de la concentration intellectuelle, de même qu’une augmentation de l’appétit ou une constipation. Tous ces troubles sont les principales causes des difficultés et des échecs à court terme de l’arrêt du tabagisme. Ils sont essentiellement liés au manque de nicotine et peuvent être considérablement améliorés voire supprimées par un traitement de substitution nicotinique bien adapté.
Combien de temps dure le syndrome de manque ?
S’il existe, ce syndrome, plus ou moins intense, peut subsister quelques semaines, au plus quelques mois, Il se traduit par des envies de fumer qui se traduisent comme des pulsions brèves qui ne durent que 2 à 3 minutes puis disparaissent pour réapparaître un peu plus tard, sous forme de vagues dont la fréquence et l’intensité s’amenuisent avec le temps. Ces envies peuvent se gérer en associant un traitement substitutif nicotinique à des conseils pratiques de gestion comportementale, au coup par coup, des dépendances gestuelles à la cigarette.
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En combien de temps disparaît la dépendance ?
Sans traitement nicotinique, La dépendance physique qui caractérise le besoin de nicotine disparaît en quelques semaines (3 à 4 en moyenne) Elle est liée à la disparition de la nicotine et de ses, dont la durée de vie est brève, au niveau du cerveau. Sous traitement nicotinique cette dépendance disparaît plus progressivement, le temps de l’administration du traitement (entre 2 à 4 mois en moyenne) Le Bupropion et la Varénicline traitent cette dépendance entre 2 et 3 mois.
La dépendance psychologique est plus lente à s’estomper. Plusieurs mois sont parfois nécessaires pour ne plus avoir envie de fumer, tout au moins dans certaines situations. La reprise du tabagisme plusieurs années après son arrêt ne peut être due qu’au désir de réactiver des moments de plaisirs révolus au cours desquels la cigarette était associée.
Cependant, plusieurs années même après avoir arrêté de fumer, reprendre une cigarette expose à une reprise totale du tabagisme, car celle-ci réactive le besoin physique de nicotine et relance rapidement la dépendance ainsi que les habitudes comportementales.
Je souhaite réduire ma consommation, je fume actuellement un paquet de cigarettes par jour, que dois-je faire ?
Attention ! Réduire votre consommation n'a d'intérêt pour votre santé que si cette réduction aboutit en quelques semaines à un arrêt complet! En effet fumer « moins » ne diminue que très peu, voire pas du tout les risques du tabagisme pour votre santé. Il n’existe pas de seuil au-dessous duquel fumer ne représente pas de risque. Le risque d’être victime d’un cancer du poumon ne dépend pas tant du nombre de cigarettes que l’on fume chaque jour, que de l’ancienneté de son tabagisme.
Réduire de moitié sa consommation de cigarettes diminue de moitié les risques de faire un cancer du poumon, réduire de moitié la durée de son tabagisme les diminue 20 fois !
J’ai arrêté de fumer depuis un peu plus de trois mois, mais j’éprouve souvent des envies fortes d’allumer une cigarette. Comment ne pas céder ?
Tout d’abord, afin de gérer votre manque de nicotine, au moment même où vous ressentez une envie de fumer, prenez un substitut nicotinique oral (gomme, pastilles,…). Prenez la précaution de garder sur vous, même après votre sevrage tabagique, des substituts nicotiniques oraux pour palier à une envie inattendue de cigarette.
Ensuite faîtes la démarche mentale de reconsidérer les aspects positifs de l’arrêt du tabagisme : vous avez arrêté de fumer, bravo ! Pensez à ce que vous avez déjà gagné tant financièrement qu’au plan de la santé, en plus de la satisfaction personnelle d'avoir réussi à réaliser quelque chose qui a pu être difficile. Pensez à la déception que vous pourriez ressentir en refumant. Pour faire face, n’hésitez pas à vous faire soutenir par vos amis ou vos collègues de travail non-fumeurs. Tenez bon, ces moments difficiles ne durent pas, Vous vous féliciterez rapidement d'avoir résisté à l’appel des habitudes.
Qu’est ce que la dépendance physique ?
Elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac et sa fumée. Cette molécule, du fait de sa ressemblance moléculaire avec une autre molécule naturelle du cerveau, appelée acétylcholine, prend sa place sur des récepteurs dits nicotiniques, localisés à la surface de certaines cellules nerveuses dans certaines zones cérébrales. Comme la durée de vie de la nicotine est brève, le fumeur doit fumer régulièrement pour recharger ses récepteurs nicotiniques cérébraux et ne pas ressentir les sensations désagréables du manque. Il est devenu dépendant à la nicotine.
Chez certains fumeurs, surtout chez les plus jeunes, cette dépendance se manifeste au bout de quelques jours de tabagisme, chez d’autres elle ne survient souvent qu’après plusieurs années. Le manque nicotinique se traduit par une sensation comparable à la soif ou à la faim, avec cette nuance que boire et manger sont indispensables à la vie, fumer ne l’est pas. Les substituts nicotiniques peuvent être utiles pour la surmonter : ils fournissent au cerveau une quantité de nicotine suffisante pour combler ses besoins. Avec une dose adaptée, le fumeur ne souffre plus de manque et sa dépendance physique s’estompe progressivement en diminuant les doses de nicotine de substitution. Les gommes à mâcher, les comprimés à faire fondre sous la langue, les inhaleurs ou les timbres à la nicotine sont vendus en pharmacie sans prescription médicale. L’intérêt des substituts est qu’ils libèrent le fumeur de l’exposition aux produits toxiques de la fumée, tels que le monoxyde de carbone cardio-toxique, les substances irritantes et les goudrons cancérigènes.
Il faut savoir qu’on ne développe jamais de dépendance à la nicotine de substitution dans la mesure où celle-ci arrive lentement au cerveau, alors que la nicotine d’une bouffée de cigarette y arrive seulement 7 secondes après avoir été inhalée, provoquant une « shoot » nicotinique responsable de la dépendance.
Qu’est-ce que le syndrome de manque ?
Le syndrome de manque est dû à la baisse de la quantité de nicotine dans le cerveau du fumeur dépendant par rapport à ses besoins nicotiniques. Ces besoins sont variables d’un fumeur à l’autre. Ce manque est perçu comme désagréable, voire, dans certains cas, insupportable. La nicotine est métabolisée par le foie pour moitié toutes les deux heures, puis évacuée dans les urines, accentuant ainsi le besoin de fumer