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Tabac et santé

A quoi sont dus les effets irritants de la fumée du tabac ?
De nombreuses substances irritante sont libérées au cours de la combustion du tabac. Il s’agit, entre autres, de l’acétone, des phénols, de l’acide cyanhydrique, de l’acroléine. Ces substances attaquent les muqueuses respiratoires, modifient l’état du tapis muco-ciliaire protecteur des conduits respiratoires et altèrent les parois alvéolaires. Elles affectent donc le nettoyage de l’appareil respiratoire et, en définitive, la fonction respiratoire. Combinées aux goudrons, elles favorisent l’inflammation des bronches et sont le nid d’atteintes respiratoires plus graves.


Est-il exact que les cigarettes légères sont moins dangereuses que les autres cigarettes ?

La composition de la fumée des cigarettes dites « légères » (light ou mild) est presque identique à celle des cigarettes classiques. L’effet « light » est un concept marketing qui repose sur la présence de petits trous au niveau du filtre, qui permettent une certaine dilution de la fumée, à condition de ne pas tenir la cigarette par le filtre ! Ces termes sont donc trompeurs et les fabricants de cigarettes n’ont plus le droit de les utiliser en France.
Par ailleurs, en raison du phénomène d’autotitration du fumeur à la nicotine, ce dernier tire sur une cigarette light plus intensément qu’il ne le ferait sur une autre cigarette pour récupérer la nicotine que son cerveau lui réclame. Ce faisant, la fumée ainsi inhalée pénètre plus profondément dans ses poumons, augmentant d’autant ses risques d’avoir une maladie pulmonaire grave.


Est-il normal d’avoir la gorge irritée quand on arrête de fumer ?
Oui, c’est un phénomène tout à fait normal. Les cils bronchiques reprennent leur travail, alors qu’ils étaient bloqués par certaines substances irritantes, comme l’acroléine de la fumée du tabac. Ils font remonter certaines impuretés comme les goudrons qui, au passage, entraînent l’irritation des voies aériennes supérieures et provoquent la toux et l’irritation.


Le tabagisme provoque-t-il des infections ORL ?

Les infections nez-gorge-oreilles sont plus fréquentes chez les fumeurs actifs, que chez les non-fumeurs. Elles sont beaucoup plus fréquentes chez les enfants soumis au tabagisme de leurs parents que chez les enfants qui vivent dans un foyer où on ne fume pas. On a noté une proportionnalité entre les taux de consultations ORL dans les services pédiatriques et le nombre de personnes qui fument dans le foyer des enfants qui consultent. D’autres études montrent aussi que les otites récidivantes sont deux fois plus fréquentes chez ces enfants.


L’asthme est-il lié au tabagisme ?
Dans la majorité des cas, le tabagisme n’est pas responsable du phénomène asthmatique proprement dit, mais il augmente les risques de survenue des crises d’asthme, leur durée et leur intensité chez les asthmatiques qui fument. La fumée des autres produit les mêmes effets chez l’asthmatique qui y est exposé.


Pourquoi le tabagisme passif est-il toxique ?
La fumée de tabac contient plus de 4 000 substances chimiques parmi lesquelles la nicotine addictive peu toxique,  des produits irritants, des produits toxiques comme le monoxyde de carbone qui est un gaz asphyxiant et plus de 50 substances cancérogènes, qui peuvent provoquer ou favoriser l'apparition de cancers. La fumée est donc extrêmement nocive pour le fumeur mais elle l’est également pour le non-fumeur qui la respire. Cette fumée a une double origine : elle provient du courant de fumée rejeté par le fumeur au cours de l’expiration, mais aussi du courant qui s'échappe directement de l’extrémité de la cigarette, pipe ou cigare : ce courant dit « secondaire » est plus toxique que le courant de fumée « principal » inhalé directement par le fumeur lui-même, à cause de la taille des particules particulièrement fines qui le composent. Selon l'Académie de médecine, la fumée de tabac constitue “la source la plus dangereuse de pollution de l'air domestique, en raison de sa concentration élevée en produits toxiques mais aussi parce que l'on y est exposé à tout âge et pendant des périodes beaucoup plus longues que celles où l’on subit une pollution atmosphérique extérieure”.


Que contient la fumée de cigarettes ?

La fumée de cigarettes est un aérosol, c’est-à-dire un mélange d’environ quatre mille substances de gaz et de particules solides et liquides. Il est indiqué sur chaque paquet de cigarettes, qu’elles contiennent du tabac, du papier, des agents de saveur et de texture. Une fois allumée, la cigarette devient une véritable usine chimique. Sa combustion provoque la formation de très nombreuses substances, dont une cinquantaine de goudrons cancérogènes, de la nicotine addictive, des gaz toxiques comme le monoxyde de carbone, l’oxyde d’azote, l’acide cyanhydrique et des métaux lourds comme le cadmium, le mercure, le plomb, le chrome, ou radioactifs comme le polonium…


Que risque-t-on à prendre une seule et unique cigarette à l’occasion d’une soirée ou de temps en temps,  alors que l’on a arrêté de fumer depuis longtemps ?
Vous risquez tout simplement de recommencer à fumer régulièrement très rapidement et autant qu’avant ! La dépendance physique à la nicotine se réinstalle très vite, bientôt suivie des autres dépendances, psychologique, comportementale et gestuelle à la cigarette.  Pas de panique pourtant! Rien n’est perdu, même si cela devait arriver ! Il vous est possible de revenir à une abstinence totale, pour cela, il faut vous remotiver et vous remémorer les raisons pour lesquelles vous ne vouliez plus fumer et identifier les raisons pour lesquelles vous êtes tenté d’en allumez une de temps en temps. En plus, vous pouvez toujours  réutiliser des substituts nicotiniques oraux pour faire face à des besoins  inattendus et ponctuels de cigarette. Ces substituts vous aideront ne serait-ce que psychologiquement, à surmonter ces moments.


Quelles sont les substances responsables des cancers ?

Un fumeur d’un paquet par jour inhale 250 ml de goudrons par an, soit l’équivalent de deux pots de yaourt ! Les goudrons sont la principale substance responsable des cancers liés au tabagisme. Ils sont une cinquantaine à être  cancérogènes (nitrosamines, benzopyrènes…)  On a identifié dans les cellules pulmonaires cancéreuses, la présence d’un gène appelé gène P53 sur lequel ces goudrons agiraient pour l’empêcher d’exercer son action protectrice contre les multiplications cellulaires anarchiques. Si on supprimait le tabagisme en France, on supprimerait la quasi-totalité des cancers du poumon qu’on y recense. Des études projectives indiquent sur si tous les fumeurs atteignaient l’âge de 105 ans, ils présenteraient tous un cancer pulmonaire !


Quels sont les effets de la nicotine ?

La nicotine est une substance psychoactive, c’est-à-dire qu’elle agit sur le cerveau. C’est elle qui entraîne la dépendance physique à la cigarette dans la mesure où elle occupe des récepteurs cérébraux  normalement réservés à l’acétylcholine, du fait de sa ressemblance avec cette substance physiologique naturelle. La nicotine est éliminée de moitié toutes les 2 heures, ce qui contraint le fumeur à se « recharger » régulièrement en nicotine afin d’éviter des sensations désagréables de manque. En plus de ses propriétés addictives, la nicotine est une substance qui agit sur certaines autres régions du cerveau pour procurer plaisir, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. En agissant sur certaines régions de la mœlle épinière, elle procure un effet myorelaxant qui génère une certaine sensation de détente  Cette substance est présente naturellement dans le tabac à des taux de concentration variables en fonction des parties de la plante. Après combustion, on la retrouve sous forme de microgouttelettes en suspension dans la fumée.  Les industriels du tabac ont nié pendant des décennies le rôle de la nicotine dans la dépendance.  Pourtant, depuis l’ouverture de leurs archives secrètes, on sait qu’ils en ont ajusté soigneusement son dosage, ainsi que son pouvoir de pénétration et de fixation sur les récepteurs cérébraux « nicotiniques », pour assurer sur la pérennité de la vente de leurs produits.


Quels sont les procédés utilisés en secret par les industriels du tabac?

Les industriels ajoutent de nombreuses substances au tabac, selon des recettes qui sont gardées partiellement secrètes. Différents arômes comme la vanille sont utilisés pour plaire aux jeunes et aux fumeurs débutants. Le cacao servirait à dilater les voies respiratoires pour offrir à la fumée, et à la nicotine addictive qu’elle contient, un accès plus facile au cerveau via l’appareil respiratoire et circulatoire. Le génol et le menthol ont des vertus adoucissantes sur les voies respiratoires pour  masquer l’effet irritant de la fumée.


Quels sont les risques du tabagisme passif ?
Au-delà de la gêne physique occasionnée par la fumée des autres (toux, odeur, irritations oculaires…), le tabagisme passif aggrave des pathologies existantes et en crée de nouvelles. Les risques demeurent certes moins importants que chez le fumeur actif, mais les conséquences pour la santé sont réelles. Ces risques augmentent avec la durée et l'intensité de l'exposition. En France, on estime même que quelques milliers de non-fumeurs meurent prématurément chaque année de maladies provoquées par le tabagisme passif, surtout en milieu professionnel (restaurants, hôtels, casinos, discothèques) Celui-ci augmenterait de 25% les risques  du fumeur passif de déclarer un cancer pulmonaire ou un accident  coronarien.  Les mesures gouvernementales qui interdissent totalement de fumer dans toute structure publique ont pour objectif de supprimer ce risque.
Ajoutons encore que les animaux de compagnie souffrent du tabagisme passif et meurent prématurément des cancers qu’il induit comme le montrent de nombreuses études anglo-saxonnes.


Quels types de maladies respiratoires la fumée du tabac occasionne-t-elle ?
La bronchite chronique est essentiellement due au tabagisme. Cette maladie évolue vers l’insuffisance respiratoire si l’usage du tabac n’est pas stoppé. L’emphysème (dilatation excessive et permanente des alvéoles pulmonaires, avec rupture de leurs cloisons) est aussi une maladie très souvent associée au tabagisme. L’arrêt du tabac est le seul moyen qui permette de freiner l’évolution d’une bronchite chronique.


Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone est un gaz toxique formé lors de la combustion de la cigarette. Du fait de sa ressemblance moléculaire avec l’oxygène, Il a la propriété de se fixer sur l’hémoglobine des globules rouges, à sa place. Il en résulte une diminution de l’oxygénation de tous les organes du corps et du cœur en particulier. De plus ce gaz lèse les parois des artères coronariennes et favorise la formation de plaques d’athérome à l’origine d’infarctus du myocarde. Ces mêmes effets peuvent se retrouver au niveau du cerveau. Ce gaz favorise aussi l’inflammation des artères des membres inférieures (artérites), ce qui peut conduire à leur amputation.


Qu’est-ce qu’on gagne à arrêter de fumer ?
L’arrêt du tabac, s’il peut susciter des difficultés, réserve toujours de bonnes surprises. Quelle que soit la quantité de tabac consommée et aussi longtemps qu'on ait fumé, il n'est jamais trop tard pour arrêter et les bénéfices de l’arrêt du tabac interviennent presque immédiatement. 20 minutes après la dernière cigarette la pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales. 8 heures après la dernière cigarette La quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L’oxygénation des cellules redevient normale. 24 heures après la dernière cigarette le risque d’infarctus du myocarde diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine. 48 heures après la dernière cigarette le goût et l’odorat s’améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser. 72 heures après la dernière cigarette respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus tonique. 2 semaines à 3 mois après la dernière cigarette, la toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement. 1 à 9 mois après la dernière cigarette, les cils bronchiques qui protègent nos poumons contre les particules toxiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé. 1 an après la dernière cigarette, le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non-fumeur. 5 ans après la dernière cigarette, le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié. 10 à 15 ans après la dernière cigarette, l’espérance de vie de l’ex-fumeur redevient quasiment identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé.


Se sent-on vraiment mieux sans la cigarette ?
Arrêter de fumer permet de retrouver assez rapidement un certain calme intérieur, en sortant notamment du conflit dans lequel la majorité des fumeurs se trouvent, entre « continuer de fumer » ou « arrêter de fumer », conflit qu’ils ont du mal à surmonter, dans la mesure où les deux choix leur font également peur ! Les vertus « calmantes » de la cigarette sont amplement discutables, dans la mesure où la nicotine, elle-même, est une substance excitante qui provoque dans l’organisme ce qu’on appelle « un stress silencieux » avec augmentation de la tension artérielle et du rythme cardiaque. Il est plus probable que la sensation de « détente »  décrite par le fumeur soit d’origine psychologique, liée à l’association mentale qu’il a faite, pendant des années, entre cigarette, pause et détente. La majorité des fumeurs au sortir d’un sevrage tabagique durable ressentent, plus que tout autre bénéfice, un sentiment d’estime de soi augmenté, qui sera leur plus grande satisfaction.


Tous les cancers sont-ils liés au tabagisme ?
Un cancer sur trois est dû au tabagisme. Le plus connu est le cancer du poumon, dont 90 % des cas sont liés au tabagisme actif et 5 % au tabagisme passif (dans le cas d’une exposition régulière à la fumée d’une autre personne). Mais d’autres cancers sont également causés par le tabac : ceux de la gorge, de la bouche, des lèvres, des mâchoires, du pancréas, des reins, de la vessie.  Le cancer de l’œsophage est plus fréquent en cas d’association du tabac et de l’alcool. D’autres études trouvent aussi des liens entre la consommation de tabac et certains cancers de l’utérus.

La composition de la fumée du tabac

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