Comment déceler et corriger un surdosage ?
Les signes de surdosage sont faciles à reconnaître : diarrhées, nausées, bouche pâteuse, insomnies, impression d'avoir trop fumé, tachycardie… Pour y remédier, Il suffit de diminuer la « taille » du patch utilisé. Chaque fumeur devrait trouver par lui-même le taux de nicotine dont il a besoin et se doser en conformité de ce taux, avec les substituts nicotiniques transdermiques et oraux proposés par l’industrie pharmaceutique. Cette recherche peut nécessiter quelques ajustements au début puis en cours de traitement. Le bon dosage correspondant globalement à une absence de besoin de fumer, sans énervement ni tendance au grignotage.
Est-il dangereux de fumer une cigarette avec un patch ?
Le fait de fumer avec un patch peut exposer à des symptômes de surdosage bénins. Fumer une cigarette avec un patch ne présente pratiquement aucun risque contrairement à ce qui se dit ici et là. Il est actuellement conseillé aux fumeurs qui veulent s’engager dans un sevrage progressif du tabagisme de mettre un patch ce qui leur permettra de diminuer leur consommation de cigarettes jusqu’à n’en fumer aucune.
Il n'est pas rare que certains fumeurs « patchés », enlèvent leur patch le temps de fumer une cigarette et le recollent ensuite, ce qui ne change rien : la nicotine reste présente dans la couche la plus superficielle de la peau et continue à se diffuser normalement, pendant au moins deux heures après avoir retiré le patch.
Si le besoin de fumer plusieurs cigarettes se fait sentir, il est nécessaire de revoir le dosage du patch avec son médecin ou son pharmacien (il s'agit probablement d'un sous-dosage).
Les gommes à mâcher nicotiniques, comment ça marche ?
Les gommes doivent être sucées pendant quelques minutes, puis mâchées lentement en faisant des pauses. Si on les mâche trop vite, cela fait saliver et peut provoquer des hoquets, des maux de gorge ou des brûlures d’estomac. Cela signifie que la nicotine est passée dans le tube digestif dans lequel elle est détruite, ce qui lui enlève tout intérêt dans le cas présent. Utilisées correctement, les gommes libèrent lentement la nicotine qui diffuse dans la circulation sanguine avant d'atteindre le cerveau.
On peut utiliser ces gommes dès que l'envie de fumer commence à réapparaître : on gère ainsi "au coup par coup" ses envies de fumer au cours de la journée. Le nombre de gommes doit être suffisant pour satisfaire convenablement ses besoins. En général, on utilise de huit à douze gommes par jour les premiers jours et on diminue ensuite les doses graduellement. Il ne faut pas en prendre plus de trente dans une seule journée.
Les patchs, comment ça marche ?
Dès que le patch est collé sur la peau, la nicotine commence à traverser la barrière cutanée avant d'atteindre la circulation veineuse qui l’amène progressivement au cerveau L'effet de saturation des récepteurs nicotiniques est perceptible au bout de trente minutes environ et se poursuit de manière constante, tout au long de la journée. La quantité de nicotine diffusée est proportionnelle à la surface du patch utilisé et au temps de pose sur la peau.
En début de sevrage, la dose de nicotine doit être suffisante pour remplacer l'apport habituel de nicotine que le fumeur inhale en fumant. Si les symptômes de manque persistent, il convient de revoir le dosage des patchs utilisés. Les patchs les plus petits doivent être utilisés en fin de période de sevrage, pas au début.
Les substituts nicotiniques sont-ils efficaces ?
Ces traitements ont fait l’objet de très nombreuses recherches. Ils doublent, voire triplent les chances d’arrêt du tabagisme à un an. Tous les substituts nicotiniques obéissent au même principe : c’est parce qu’ils diffusent de la nicotine de manière lente et régulière, contrairement aux pics nicotiniques que provoque la cigarette, qu’ils permettent de se libérer petit à petit de sa dépendance physique.
La durée d’un traitement substitutif nicotinique (quelle que soit sa forme) est de six semaines à six mois selon les personnes. Progressivement, on doit diminuer les doses du traitement adopté.
L’inhalateur, comment ça marche ?
L’inhalateur se présente sous la forme d’un embout en plastique blanc qui s’ouvre en deux pour recevoir une cartouche contenant un tampon imprégné de nicotine. A chaque utilisation, on aspire plusieurs fois par l’embout de l’air chargé de microgouttelettes de nicotine. En début de sevrage, on peut utiliser plusieurs cartouches par jour pour remplacer la nicotine inhalée en fumant. Le nombre de cartouches utilisé journellement, doit diminuer au fil du temps.
Peut-il y avoir des allergies avec le patch ?
Il peut y avoir certaines intolérances cutanées à l'endroit où le timbre est posé, comme il peut y en avoir avec un simple pansement. On peut alors essayer d’utiliser un patch d’une autre marque car les colles utilisées varient selon le laboratoire qui a fabriqué les patchs. Si les réactions d’intolérance aux colles persistent, les substituts sous forme de gommes ou de comprimés seront préférés. Toutefois, il ne faut pas confondre une véritable allergie avec les picotements qui peuvent surprendre le fumeur qui pose un patch pour la première fois. Ces démangeaisons s'estompent d'elles-mêmes et disparaissent en moins d'une heure.
Peut-on devenir dépendant aux substituts nicotiniques ?
Aucune dépendance aux substituts nicotiniques n’a été observée pour la raison que cette dépendance est due au mode d’administration brutale de la nicotine au cours de son inhalation dans la fumée du tabac, ce qui n’est pas le cas de la nicotine des substituts qui est administrée beaucoup plus lentement. Quelques cas de dépendance aux gommes à mâcher, probablement d’ordre masticatoire, ont été signalés, sans qu’aucune conséquence négative sur la santé n'ait été observée.
Peut-on utiliser des substituts nicotiniques de façon occasionnelle ?
Certains fumeurs trouvent qu’il est difficile de s'abstenir de fumer plusieurs heures durant une longue réunion de travail, un spectacle ou un voyage en avion. Il est aujourd'hui possible d'utiliser les formes orales (gommes à mâcher, pastilles, comprimés et inhalateur) dans ces situations dites d'abstinence temporaire. On peut aussi utiliser des substituts nicotiniques pour remplacer quelques cigarettes dans le cas d’un arrêt tabagique progressif.
Peut-on utiliser plusieurs formes de substituts à la fois ?
L’utilisation conjointe de plusieurs formes de substituts nicotiniques est aujourd’hui admise et même conseillée quand cela s’avère nécessaire pour gérer la dépendance physique et même un tant soi peu gestuelle à la nicotine (les substituts oraux pris en plus du patch, donnent l’occasion de faire un geste au moment même où le fumeur a envie de prendre une cigarette, L’efficacité du traitement peut en être renforcée dans la mesure où cette substitution s’adapte mieux au rythme journalier du fumeur.
Quelle est la différence entre la nicotine des cigarettes et celle des substituts ?
Il s’agit de la même molécule de base, mais c’est sa cinétique, c'est-à-dire son mode de pénétration dans le corps qui est différent. Dans le cas de la cigarette, la nicotine entre très rapidement par le système artériel pulmonaire avant d’arriver au cerveau en 7 secondes.
Dans le cas des substituts nicotiniques, elle diffuse très lentement par la voie veineuse en passant par la peau pour les patchs et par la muqueuse buccale pour les gommes à mâcher, les comprimés et l’inhaleur. Ces modes de pénétration différents n’ont pas les mêmes conséquences dans la mesure où la nicotine des substituts ne crée pas de dépendance physique tout en satisfaisant les sensations de manque. Surtout, cette nicotine de substitution est absorbée sans inhaler les nombreuses substances toxiques présentes dans la fumée du tabac.
Y a-t-il des contre-indications à l'utilisation des substituts nicotiniques ?
Il n'y a pas de contre-indication à l'utilisation des substituts nicotiniques chez les fumeurs dépendants qui souhaitent arrêter de fumer. Cependant, l’utilisation des substituts nicotiniques doit se faire sous contrôle médical chez les femmes enceintes ou qui allaitent et chez les personnes venant de faire un infarctus du myocarde ou un accident vasculaire cérébral.