La dépendance au tabac
Qu’est-ce qu’on gagne à arrêter de fumer ?
L’arrêt du tabac, s’il suscite bien des difficultés, réserve souvent de bonnes surprises. Quelle que soit la quantité de tabac consommée et aussi longtemps qu'on ait fumé, il n'est jamais trop tard pour arrêter et les bénéfices de l’arrêt du tabac interviennent presque immédiatement :
20 minutes après la dernière cigarette
La pression sanguine et les pulsations du cœur redeviennent normales.
8 heures après la dernière cigarette
La quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié.
L’oxygénation des cellules redevient normale.
24 heures après la dernière cigarette
Le risque d’infarctus du myocarde diminue déjà.
Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée.
Le corps ne contient plus de nicotine.
48 heures après la dernière cigarette
Le goût et l’odorat s’améliorent.
Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.
72 heures après la dernière cigarette
Respirer devient plus facile.
Les bronchent commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.
2 semaines à 3 mois après la dernière cigarette
La toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement.
1 à 9 mois après la dernière cigarette
Les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.
1 an après la dernière cigarette
Le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié.
Le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non-fumeur.
5 ans après la dernière cigarette
Le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié.
10 à 15 ans après la dernière cigarette
L’espérance de vie redevient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé.
Pourquoi est-il si difficile d’arrêter de fumer ?
La cigarette est une source de nombreux plaisirs et les fumeurs peuvent en devenir dépendants. Il existe en effet trois types de dépendance au tabac :
1. La dépendance environnementale ou comportementale
Elle dépend de la pression sociale et conviviale. Le tabac est en effet associé à des circonstances, à des personnes et à des lieux qui suscitent l'envie de fumer. Quand on envisage d’arrêter de fumer, il est donc important de réfléchir à ce que l’on pourrait faire dans ces circonstances pour pallier l'envie de fumer ou éviter ces situations au moins au début. Cette préparation est essentielle pour apprendre à vivre dans son environnement habituel sans avoir recours au tabac.
2. La dépendance psychologique
Quand on est fumeur, la cigarette est un moyen de se faire plaisir, de gérer son stress ou son anxiété, de surmonter ses émotions, de se stimuler, de se concentrer, etc. Cette dépendance est liée aux effets psychoactifs de la nicotine qui procure plaisir, détente, stimulation intellectuelle, action anxiolytique, antidépressive et coupe-faim. Cette dépendance peut apparaître peu de temps après les premières cigarettes fumées et varie considérablement d’un fumeur à l’autre.
3. La dépendance physique
Elle est due essentiellement à la présence de nicotine dans le tabac. Elle survient après plusieurs années de tabagisme, seulement chez certains fumeurs. Elle se traduit par une sensation de manque. Les substituts nicotiniques peuvent être utiles pour la surmonter : ils fournissent au corps une quantité de nicotine suffisante pour combler le besoin de tabac. Avec une dose adaptée à son tabagisme, le fumeur ne souffre plus de manque et la dépendance physique disparaît progressivement. Les gommes à mâcher, les comprimés à faire fondre sous la langue, les inhaleurs ou les timbres à la nicotine sont vendus en pharmacie sans prescription médicale.
Seule une prise en compte conjointe des trois types de dépendances permet aux plus dépendants d’arrêter de fumer.
Comment savoir si l’on est dépendant physiquement à la nicotine ?
Le test de Fagerström, validé par l’ensemble des experts internationaux, permet de faire le point avec sa dépendance physique en six questions portant sur la quantité de cigarettes que l’on fume, le laps de temps qui s’écoule entre le réveil du matin et la première cigarette, la difficulté que l’on a à s’abstenir de fumer lorsqu’on est malade ou dans les zones non-fumeurs. On peut notamment le trouver dans le guide pratique de l’Inpes : « J’arrête de fumer».
Qu’est-ce que le syndrome de manque ?
Le syndrome de manque est dû à la baisse brutale de la quantité de nicotine dans l’organisme par rapport à un seuil auquel le fumeur s’était habitué. Le manque de nicotine est perçu par le fumeur comme désagréable, voire dans certains cas insupportable.
A quels signes reconnaît-on que l’on est en manque de nicotine ?
Il existe différentes manifestations caractéristiques du syndrome de manque ; elles ne se présentent pas forcément toutes à la fois et sont le plus souvent dissociées dans le temps. Les symptômes de manque le plus souvent cités par les fumeurs sont :
- Des pulsions fortes à fumer.
- Une irritabilité, de la nervosité, de l’agitation, de l’anxiété.
- Des perturbations du sommeil.
- Une humeur dépressive.
- Des troubles de la concentration intellectuelle, de même qu’une augmentation de l’appétit ou une constipation.
Tous ces troubles sont les principales causes des difficultés et des échecs à court terme ; ils sont essentiellement liés au manque de nicotine et peuvent être considérablement améliorés par un traitement de substitution nicotinique adapté.
Combien de temps dure le syndrome de manque ?
Une pulsion à fumer peut être forte et fréquente, mais elle ne dure jamais longtemps. Si la personne résiste, la pulsion durera en moyenne deux minutes, puis disparaîtra et reviendra quelques instants plus tard par vagues, qui elles aussi se calmeront. Dans une démarche d’arrêt, ces pulsions à fumer diminuent progressivement, à la fois en fréquence et en intensité, pour disparaître en quelques semaines (deux à huit selon l’importance de la dépendance physique initiale). Avec le temps, l’arrêt du tabagisme devient de plus en plus facile.
Après quelques semaines, les pulsions vont faire place à des envies moins fortes, moins violentes, qui sont moins des symptômes de manque que le souhait de prendre une cigarette, souvent déclenché par une situation particulière ou un environnement fumeur, convivial ou stressant.
Enfin, après quelques mois d’arrêt, les choses s’améliorent. De nouvelles habitudes se consolident. On se sent de mieux en mieux. Les envies de cigarettes vont disparaître et être remplacées par des pensées, sorte de souvenir nostalgique du plaisir que l’on prenait à fumer. Comme l’évocation d’un moment plaisant vécu des années auparavant, la pensée d’une cigarette va disparaître d’elle-même, sans effort.
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