Questions / Réponses

Vous vous posez des questions sur l'arrêt, sur les traitements existants, les méthodes pour y arriver, ... ? Dans cette rubrique, Tabac info service répond aux questions les plus fréquemment posées et vous donne les clés pour mieux appréhender votre démarche d'arrêt du tabac.

Votre question

Arrêt de la nicotine et possible transfert du manque vers une personne

Bonjour,

J’ai arrêté de fumer il y a deux mois en utilisant des substituts nicotiniques (gommes puis pastilles de 2 mg). J’ai progressivement diminué jusqu’à 1 à 3 gommes de 2 mg par jour, puis j’ai arrêté complètement la nicotine il y a 72h.

Depuis cet arrêt, je remarque que je pense très peu à la nicotine. En revanche, je pense énormément à une personne que je viens de rencontrer et qui me plaît beaucoup. J’ai l’impression de ressentir un manque très fort à son égard, presque comme une forme d’obsession ou de dépendance affective.

Je me demande si le sevrage nicotinique peut modifier temporairement le fonctionnement du système de récompense du cerveau et rendre les émotions ou les attachements plus intenses. Est-il possible qu’une partie du manque lié à la nicotine se reporte sur une autre source de gratification, comme une relation naissante, ou est-ce que ces deux phénomènes sont sans lien ?

Merci d’avance pour votre réponse.

Notre réponse

Bonjour, 

Félicitations pour votre arrêt du tabac ! 

Pendant le sevrage en nicotine, le système de récompense est perturbé, la dopamine est moins fabriquée.

Le début d'une relation amoureuse ou amicale est déjà, en lui-même, un état où le cerveau produit beaucoup de dopamine, mais aussi de noradrénaline et d'ocytocine.

Chez une personne en sevrage nicotinique, cette source de récompense peut être ressentie comme particulièrement intense.

Il peut donc y avoir une substitution comportementale et une réorganisation des sources de récompense. Votre cerveau cherche à retrouver un équilibre dans un contexte où son système de récompense est moins stimulé à cause du sevrage en nicotine. 

Et pour ce qui est des émotions, le sevrage est une parenthèse, puisque le corps se réapproprie un fonctionnement sans nicotine et peut engendrer des difficultés temporaire à réguler ses émotions. On peut donc observer : davantage de sensibilité, vous êtes à fleur de peau ; des joies plus intenses, mais aussi des peines ou des inquiétudes plus marquées. 

Les émotions sont parfois vécues de façon plus "brute", car la nicotine ne joue plus son rôle habituel de modulation.

Vous l'aurez donc compris ces 2 phénomènes sont en lien.

Si vous souhaitez de l'aide ou du soutien dans votre arrêt, vous pouvez contacter gratuitement un(e) tabacologue de Tabac info service au 39 89.

Bonne continuation dans votre démarche !