Je choisis un traitement adapté

Publié le 12 août 2020 Mis à jour le 25 septembre 2020

A l’arrêt du tabac, les effets du sevrage peuvent être désagréables. Pour diminuer ces symptômes, vous pouvez avoir besoin de substituts nicotiniques ou d’autres traitements d’aide à l’arrêt. Grâce à eux, votre arrêt est plus confortable et vous augmentez vos chances de réussite. Découvrez les traitements qui pourront vous aider et des conseils pour bien les utiliser.

J’ai décidé de voir mon médecin pour un traitement efficace : il m’a prescrit un traitement de 3 mois !!! En 5 jours déjà je suis ravie, pas une seule envie. Maintenant je ne lâcherai pas.  

Michelle, 50 ans.

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Les substituts nicotiniques

Le traitement nicotinique de substitution se présente sous différentes formes : patchs, gommes à mâcher, pastilles ou comprimés à sucer, inhaleur et spray. Ces substituts nicotiniques limitent ou même éliminent les effets du manque de nicotine (nervosité, irritabilité, difficultés de concentration intellectuelle, humeur dépressive, augmentation de l’appétit…). Peu à peu, le besoin de fumer diminue jusqu’à disparaître. Ces substituts sont très efficaces, ils augmentent de 50 à 60 % vos chances de tenir bon dans votre arrêt pendant au moins 6 mois. 

En plus, ils sont maintenant remboursés par l’Assurance Maladie si vous avez une ordonnance d’un professionnel de santé. Et votre complémentaire santé peut rembourser le reste à charge.

En savoir plus : les substituts nicotiniques, comment ça marche ?

La cigarette contient une substance très addictive : la nicotine. C’est le manque de nicotine qui provoque votre besoin de fumer. La cigarette que vous fumez vous délivre un « shoot » de nicotine dans votre organisme. Vos récepteurs nicotiniques, situés dans votre cerveau, capturent la nicotine. Cela vous soulage immédiatement des sensations désagréables liées au manque. Mais ce « shoot » soudain de nicotine stimule les récepteurs nicotiniques, qui vont demander de plus en plus de nicotine. C’est le cercle vicieux de la dépendance.

Les substituts nicotiniques vous apportent la nicotine que votre corps réclame pendant le sevrage, et vous évitent toutes les autres substances toxiques contenues dans la cigarette. Mais au lieu de vous délivrer un « shoot » de nicotine comme la cigarette, ils libèrent doucement la nicotine. Vos récepteurs nicotiniques sont comblés, sans être stimulés. Leurs besoins en nicotine diminuent donc progressivement. Vous pouvez alors peu à peu diminuer le dosage de vos substituts jusqu’à n’en avoir plus besoin. Vous êtes enfin libéré de votre dépendance physique à la cigarette ! 

Pour vous libérer complètement de votre dépendance, il faudra aussi travailler sur vos autres dépendances au tabac : psychologique ou comportementale.

Comment réussir son arrêt ? Quatre principes à respecter pour bien utiliser vos substituts nicotiniques :

1. Je choisis les bonnes formes de substituts nicotiniques. Il existe deux catégories de substituts nicotiniques et il est recommandé de les associer pour plus d’efficacité. 

  • Les patchs ou timbres à la nicotine : à garder toute la journée, pendant 16 heures ou 24 heures en fonction des patchs

Nos conseils : Le mieux, c’est de les appliquer le matin après la douche sur une peau propre, sèche et choisir une zone peu poilue, de préférence en haut du bras, sur l’omoplate ou en bas du dos. Pour éviter les rougeurs, changez l’emplacement de votre patch tous les jours. Si le patch entraîne des démangeaisons importantes et/ou des plaques rouges, c’est que vous réagissez mal à la colle. Essayez alors de changer de marque.

En savoir plus : Le patch comment ça marche ?

La nicotine contenue dans le patch traverse la peau. Elle passe dans le sang et se diffuse dans l’organisme vers les récepteurs nicotiniques. Le patch permet une diffusion lente et continue de nicotine.

  • Les formes orales : à prendre quand vous ressentez une forte envie de fumer, pour la calmer. Il en existe différentes formes.

            o Les gommes à mâcher : pour qu’une gomme soit efficace, il faut la garder en bouche pendant 20 à 30 minutes. Pendant ce temps, mâchez-la quelques minutes, puis gardez-la contre votre joue. Recommencez ces deux étapes en alternance. 

            o Les comprimés et les pastilles : selon leur type, ils sont à sucer et à garder entre la gencive et la joue ou à laisser fondre sous la langue.   

            o Les inhaleurs : ils vous permettent d’aspirer des micro-gouttelettes de nicotine qui diffusent ensuite à travers la muqueuse de la bouche.

            o Les sprays : Ils pulvérisent de la nicotine dans votre bouche.

En savoir plus : Les formes orales, comment ça marche ?

La nicotine contenue dans les formes orales traverse la muqueuse de la bouche puis atteint la circulation sanguine. Les formes orales permettent un apport ponctuel de nicotine, à répéter dès que vous ressentez une forte envie de fumer.

2. Je détermine le dosage et les quantités 

Quelle que soit leur forme, les substituts nicotiniques ont des dosages en nicotine différents. Il est très important de choisir un dosage adapté à votre niveau de dépendance. Pour être sûr de ne pas vous tromper, demandez conseil à un professionnel de santé ou au 39 89.

En savoir plus : Comment savoir si mon traitement est mal dosé ?

Quand votre patch n’est pas assez dosé, vous ressentez les symptômes du manque : vous avez envie de fumer, vous êtes anxieux, irritable, nerveux, vous avez envie de grignoter. Augmentez alors le dosage de votre patch ou complétez-le avec des substituts nicotiniques par voie orale (gommes, pastilles…).

Quand votre patch est trop fortement dosé, vous pouvez ressentir des maux de tête, des nausées, des palpitations, et parfois un mauvais goût dans la bouche. Vous pouvez alors découper un morceau de votre patch (un tiers par exemple) ou mettre un patch moins dosé.

Et pour les formes orales ? C’est la même chose ! Adaptez leur nombre ou leur dosage en fonction de vos sensations. Mais surtout n’hésitez pas à en prendre quand vous en avez besoin. 

3. Je me procure mes substituts nicotiniques

Vous pouvez acheter vos substituts nicotiniques directement en pharmacie, à vos frais mais sans ordonnance. Pour être remboursé par l’Assurance Maladie, sans avance de frais, il vous faudra l’ordonnance d’un professionnel de santé (médecin, infirmier, chirurgien-dentiste, sage-femme ou masseur-kinésithérapeute).

4. Je respecte la durée du traitement

Votre objectif, c’est de diminuer peu à peu le dosage de votre traitement jusqu’à l’arrêter pour de bon. En général, le traitement dure entre 3 et 6 mois. Si au bout de 6 mois, vous sentez que vous n’êtes pas prêt à l’arrêter, vous pouvez le prolonger. Et surtout n’essayez pas d’arrêter trop vite vos substituts nicotiniques ! Vous seriez de nouveau en manque et vous risquez de re-craquer pour une ou plusieurs cigarettes…

Les autres traitements médicamenteux

Vous avez peut-être entendu parler du bupropion ou de la varénicline. Ce sont aussi des médicaments d’aide à l’arrêt du tabac que l’on conseille si vous n’avez pas réussi à arrêter de fumer avec les substituts nicotiniques. Ils doivent être prescrits par un médecin qui surveillera régulièrement leur efficacité et l’apparition éventuelle d’effets secondaires. Ces deux traitements sont déconseillés pour les femmes enceintes ou qui allaitent, et les fumeurs de moins de 18 ans. Délivrés uniquement sur ordonnance, la varénicline est remboursée par l’Assurance Maladie dans le cadre d’un sevrage tabagique mais pas le bupropion. 

En savoir plus : la varénicline, comment ça marche ?

La varénicline est un médicament spécialement conçu pour l'arrêt du tabac. Il se fixe sur les récepteurs de nicotine, au niveau du cerveau. Au fil des prises, la varénicline réduit les envies et le plaisir de fumer. Dans certains cas, il peut même vous dégoûter du tabac et vous arrêterez alors la cigarette presque spontanément. Les principaux effets secondaires qui peuvent survenir lors d’un traitement par la varénicline sont : nausées (notamment au début du traitement), troubles du sommeil (insomnies, rêves anormaux), maux de tête...

En savoir plus : le bupropion, c’est quoi ?

Le bupropion est un médicament démontré comme efficace dans l’arrêt du tabac. On peut vous le prescrire si les substituts nicotiniques ne vous suffisent pas ou ne vous conviennent pas. Pendant le traitement, vous devez être suivi par un professionnel de santé. Les principaux effets secondaires qui peuvent survenir lors d’un traitement par bupropion sont : réactions de la peau ou allergies, insomnies, vertiges, maux de tête…

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