Questions / Réponses

Vous vous posez des questions sur l'arrêt, sur les traitements existants, les méthodes pour y arriver, ... ? Dans cette rubrique, Tabac info service répond aux questions les plus fréquemment posées et vous donne les clés pour mieux appréhender votre démarche d'arrêt du tabac.

Votre question

statistiques (3 jours, 5 jours, 3 mois et après ?!)

Bonjour à toutes et tous,
J’entame depuis 1 heure environ mon 4ème jour d’arrêt. J’ai lu un peu partout que les besoins de fumer les plus intenses et les plus fréquents se situent dans une période de 3 à 5 jours après l’arrêt pour diminuer ensuite.
Mais j’ai lu aussi que des envies peuvent ressurgir brusquement avec force (et sans prévenir !) aux environs du 3ème mois.
Ma question (pour aujourd’hui… !) : sait-on quel est le % de fumeurs ayant repris après environ 3 mois de sevrage ? Ou mieux encore, dispose-t-on de relevés statistiques (validés si possible et pas seulement sur base d’interviews) retraçant la courbe dans le temps des échecs et réussites ?
Pourquoi cette question ? Parce qu’une info me fournissant les zones plus exposées et plus dangereuses me serait d’un grand secours pour tenir plus que jamais. Elle me servirait comme les panneaux routiers indicateurs avertissant le conducteur des divers dangers possibles… !
Merci d’avance pour votre réponse et bien sûr, merci à vous tous pour votre soutien en général

P.S. :
Pour mieux vous guider dans votre réponse, je précise qu’il s’agit de ma 6ème tentative d’arrêt définitif (la plus courte ayant été d’un peu plus de 6 mois, la plus longue d’un peu plus de 5ans) à laquelle s’ajoutent donc 4 autres tentatives dont la durée s’est étagée entre 9 mois et 24 mois environ. Je n’ignore donc vraiment rien des difficultés pour parvenir à l’abstinence et des symptômes post-arrêt que l’on peut rencontrer. L’abstinence est en effet un combat rude et même passablement violent. Mes 5 reprises (et donc 5 échecs) ont tous eu comme point de départ le surgissement complètement inattendu et que rien ne laissait présager de la célèbre petite musique de l’ICS sur le thème : « Allez encore une, juste une et ensuite, cette fois, ce sera bien fini. Et vu ce que tu as déjà clopé dans ta vie, ça ne changera pas grand-chose…».

Comme la vigilance ne peut être parfaite 24/24 et 365/365, la stat comportementale d'un groupe n'aurait pas de valeur prédictive sur mon propre cas (je n’ignore nullement qu’il n’y a en ce domaine que des cas particuliers) mais elle viendrait s’ajouter aux outils de la lutte...!

Notre réponse

Bonjour,

Merci pour votre question.

Rassurez-vous, les rechutes sont fréquentes et font partie intégrante du processus de sevrage tabagique.
Plusieurs études ont évalué leur fréquence, dans des populations différentes, et les données suivantes ont par exemple été retrouvées :
• environ 75 % des fumeurs qui sont abstinents à 4 semaines ont rechuté à 1 an, la majorité des rechutes se faisant dans les 6 premiers mois ;
• à plus long terme, le taux de rechute qui était de 15,1 % à 1 an diminuait à 3 % à 3 ans d’abstinence puis 1,4 % à 7 ans ;
• dans une autre étude, après 2 ans d’abstinence, le taux de rechutes tabagiques était de 2 à 4 % par an entre la 2ème et la 6ème année d’abstinence, pour diminuer à moins de 1 % après 10 ans d’abstinence, avec ensuite la persistance d’un faible risque de rechute.

Il ne faut pas dramatiser ni se sentir coupable d’une rechute mais envisager des stratégies de prévention adaptées à chaque situation ce qui permettra d’augmenter les chances de succès lors des tentatives ultérieures d’arrêt.

Les rechutes surviennent souvent pour les mêmes raisons : persistance de la dépendance physique, prise de poids, situation de stress aigu ou chronique, pression sociale, perte de motivation, consommation de café ou d’alcool…

Il faut donc rester vigilant, durant toute sa vie d’ex-fumeur, tout en sachant que plus le temps passe, plus le risque de rechute diminue.

N'hésitez pas à appeler un tabacologue de Tabac info service au 39 89, si vous voulez être aidé et conseillé.

Bonne continuation dans votre démarche. Et dites-vous que ce ne sont que des difficultés passagères et que ça vaut le coup de tenir !

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