
Questions / Réponses
Vous vous posez des questions sur l'arrêt, sur les traitements existants, les méthodes pour y arriver, ... ? Dans cette rubrique, Tabac info service répond aux questions les plus fréquemment posées et vous donne les clés pour mieux appréhender votre démarche d'arrêt du tabac.
Votre question
syndromes dépressifs passager.
Chez une personne de 28 ans, n’ayant jamais présenté de symptômes dépressifs auparavant et ayant fumé entre 1 et 1,5 paquet par jour depuis l’âge de 15 ans (soit environ 10 ans de consommation), un arrêt brutal du tabac — même avec usage de substituts nicotiniques — peut-il provoquer des symptômes dépressifs passagers, notamment lorsqu’il survient de façon imprévue après un passage aux urgences et une intervention médicale non liée au tabac ?
Notre réponse
Bonjour,
Merci de votre question.
Oui c'est possible.
En règle générale, la déprime est un symptôme de sevrage fréquent. En effet, la cigarette est reconnue pour son effet "antidépresseur", parce que la fumée du tabac contient d'une part de la nicotine et d'autre part des inhibiteurs de la monoamine oxydase. Ces substances favorisent la libération de messagers chimiques qui jouent un rôle dans le plaisir et la sensation de bien-être.
En favorisant la libération de ces neuromédiateurs, le tabac procure donc artificiellement une sensation de bien-être qui est à même d'aider le fumeur dans la gestion de son humeur. Le fumeur utilise parfois la cigarette comme "antidépresseur", comme réconfortant pour lui remonter le moral. A l'arrêt, il est naturel que ce phénomène lui fasse défaut et qu'une sensation de déprime soit ressentie.
Un lien peut être donc établi entre le sevrage tabagique, ou plus particulièrement le sevrage de nicotine, et l'humeur déprimée. Ces sensations pénibles s'atténuent en général en 10 à 30 jours et disparaissent après deux mois.
Par ailleurs, ces sensations ne sont pas vécues par tout le monde et peuvent être amoindries, voire éliminées, par l'utilisation de techniques adéquates : un traitement de substitution à la nicotine bien dosés (patchs, pastilles, gommes...), peut-être n'était-ce pas le cas pour cette personne, des techniques comportementales, le soutien des professionnels de la santé ou des pairs, etc.
Encouragez-là à mettre en place des compensations dans le domaine du plaisir pour éviter la frustration du plaisir du fumer. Il faut profiter de son budget tabac pour prendre soin de soi (massage, coiffeur, esthéticienne...), se détendre (yoga, sophrologie, relaxation, sport...), se gâter (un vêtement, un accessoire, des livres, de la musique...), avoir des loisirs (cinéma, théâtre...). Plus elle saura faire cela et moins elle sera nostalgique du plaisir de fumer.
Enfin, proposez lui d'être accompagnée dans la durée. Pour avoir de l'aide ou du soutien, elle peut contacter un(e) tabacologue de Tabac info service au 39 89 ou consulter notre annuaire pour trouver une consultation près de chez elle.
Bonne continuation.